Depuis quelques années, je vois revenir la même ambition le même rêve que je n’ai jamais vu fonctionner:
Une équipe globale, basée à Singapour ou à NYC qui pilote tout un réseau d’usines basées en Europe ou ailleurs :
Du S&OP au MPS.
Jusqu’à l’ordonnancement détaillé.
Les usines ? Elles exécutent.
Sur le papier, c’est séduisant.
Digitalisation avancée. APS intégrés. Data en temps réel. IA.

Mais posons-nous une question en nous basant sur une métaphore simple:
La Federal Aviation Administration ou Eurocontrol coordonnent le trafic aérien mondial.
Elles assurent la fluidité, la sécurité, l’optimisation des flux.
Mais elles ne pilotent pas les avions, elles ne gèrent pas une panne hydraulique, elles ne décident pas dans la seconde face à une turbulence, elles ne servent pas les passagers.
La tour de contrôle supervise.
Le cockpit exécute et arbitre en temps réel.
En supply chain, c’est identique.
Oui, il faut une tour de contrôle globale :
visibilité réseau, arbitrages inter-sites, standardisation, discipline S&OP.
Mais croire qu’un centre mondial peut gérer à distance, les micro-aléas qualité, les arbitrages production, le séquencement fin sous contraintes physiques, l’engagement des équipes terrain,
… c’est confondre coordination et exécution.
La digitalisation amplifiera la coordination, elle ne remplacera jamais la responsabilité locale.
Les organisations les plus performantes que j’ai observé ne centralisent pas tout. Le plus bel exemple qui me fut offert, le fut il y à 10 ans, quand je dirigeai avec une équipe compétente de la Supply Chain Globale, le projet de mise en place d’une équipe, des processus, de l’organisation et des Systèmes permettant un “Central Planning” chez GSK BIOLOGICAls à Wavre en Belgique.
Des organisations comme celle que nous mirent en place, pour être les plus performantes clarifient les rôles :
Global : orchestration.
Local : maîtrise opérationnelle.
La performance durable ne vient pas d’un pilotage unique, elle vient d’une interface forte entre le global et le terrain.
La tour de contrôle est indispensable, mais sans pilotes et équipages compétents dans les cockpits et les avions, aucun engin ne décolle.
En deux mots, la performance industrielle durable repose définitivement sur la complémentarité des niveaux de décision — non sur l’illusion d’une centralisation totale.
Emmanuel de Ryckel
#SupplyChain #SOP #Planning #IndustrialExcellence #Leadership
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