LE VRAI LEADER N’EST PAS UN « GARS BEN ORDINAIRE »

Dans combien de belles entreprises ne qualifie-t-on pas des individus dans des rôles bien divers, du titre malencontreux de « Leader » !

Mais qui donc peut-il bien revendiquer ce titre par rapport à tant de managers si communs ?

Si je m’en réfère au General de Gaulle dans son ouvrage de l’entre-deux guerres « Le fil de l’épée », ce qui distingue le Leader de l’Homme « ben ordinaire », est le CARACTERE.

Face à l’événement, face à la nécessite de changer profondément une entreprise, une bataille, celui qui marque sa différence est « L’Homme de caractère ». Car selon CDG « c’est du caractère que procèdent l’élément suprême, la part créatrice, le point divin, à savoir le fait d’Entreprendre quelque chose de grand ».

Il ajoute : « cette propriété de vivifier l’entreprise, implique l’énergie d’en assumer les conséquences. La difficulté l’attire, car c’est en l’étreignant qu’il se réalise lui-même ».

Comme le talent peut donner tout sons sens à la matière dans l’art, le caractère donne à l’action son mouvement, sa grâce, sa noblesse.

Certes, faire preuve de caractère n’est pas toujours sans conséquence; « La passion d’agir par soi-même s’accompagne parfois de quelques rudesses dans les procédés ».

Le leader parfois est distant, car « l’autorité ne va pas sans prestige, ni le prestige sans éloignement » poursuit Charles de Gaulle.

Mais dans l’action, plus personne ne pense à cette distance, et toutes les ressources de bonne volonté se tournent vers lui « comme le fer sur l’aimant. »

Vient la difficulté, c’est lui que l’on suit car il semble soulever tous les fardeaux de ses propres bras. En échange, cette confiance des « petits », exalte le Leader « qui se sent obligé par cette humble justice qu’un lui rend ».

Le vrai Leader est bienveillant et protecteur.

« Que l’affaire réussisse il en distribue largement les avantages.

Que l’affaire vienne à échouer, il n’accepte pas que le reproche descende plus bas que lui ». Il en règlera directement le diffèrent en aparté avec le maillon défaillant.

Ce qui caractérise en outre le Leader est son attitude envers ses supérieurs, soit-il un conseil d’administration, ou un « chef » anonyme et obscur.

Le fait qu’il tire de lui-même son énergie et non point d’un ordre venu d’ailleurs, l’éloigne le plus souvent de l’obéissance passive.

Le Leader maitrise donc aussi l’Art de désobéir.

Commentant un jour une bataille navale perdue, ce Commandant de l’Amirauté britannique ne s’écria t’il pas à propos de l’un de ses officiers « Il a toutes les qualités de l’Amiral Nelson, sauf une, il ne sait pas désobéir ».

Pour la première fois, grâce à de Gaulle, désobéir devient un Art, celui de s’affranchir des hiérarchies frileuses, des chefs qui faute d’être capables d’embrasser les ensembles, cultivent les détails et se nourrissent de formalités ».

« Orgueilleux, indiscipliné disent alors de lui les médiocres, traitant le pur-sang dont la bouche est sensible, comme la bourrique qui refuse d’avancer. »

Ne sommes-nous pas finalement entourés de tellement de personnages ingrats, doués certes des plus rares talents, mais dont « le manque de caractère frappe alors l’œuvre collective de tant de stérilité ! »

Emmanuel de Ryckel

A tous les Leaders dont j’ai croisé l’existence (Lieutenant Colonnel BEM Antheunissens, Jan Leschly, Vic Boddy, Christian Guers, Tim Kelly,…) et qui me montrèrent jadis le chemin.