Dans la mise en place des premiers ERP dans les années 90, j’avais pu constater après quelques mois des réductions de stocks et une diminution du nombre de commandes en retard assez significatifs, surtout parce que nous étions passés d’un cycle de planification mensuel à un cycle hebdomadaire.

Les Master Data étaient certes importantes, mais seulement pour planifier les capacités de production, afin d’être capable de promettre des dates fiables et clients, et de calculer nos couts. À cette époque ces données dites maitres étaient surtout des préoccupations très locales.

Ces 10 dernières années, la globalisation venue, se sont mises en place des organisations de planification de plus en plus centralisées (S&OP Global, MPS/Scheduling/Suivi d’exécution en Local).

Se faisant, les préoccupations Master Data se sont répandues en Central également, car comment réaliser une planification Moyen/Long terme sans s’appuyer sur des données de qualité.

Mais que faire en Central, alors que ceux qui maitrisent au mieux les données sont ceux qui œuvrent au plus près de l’action (Production, Approvisionnements, Contrôle Qualité, Distribution… ) ?

Ces dernières années, avec l’apparition de notions telles que l’Intelligence Artificielle et la Digitalisation, certaines solutions technologiques telles les « Control Tower » ou autres produits du genre, sont arrivées sur le marché en nous permettant de rêver à des analyses de situation et à des prises de décisions dans l’ordre de la minute, alors que la plupart des Entreprises raisonnent encore en heures mais le plus souvent en jours. 

Ainsi donc, les nouveaux défis pour le futur ne sont pas d’ordre technique puisque les solutions existent déjà, ni dans les processus de planification qu’il vous faudra de toutes façons posséder sur le bout des doigts, car il vous faudra toujours pour être efficaces, distinguer le temps court, celui du détail de l’organisation des événements, de l’exécution puis du suivi de celle-ci, du temps long, celui de l’anticipation des événements.

Non, les défis résideront dans votre capacité à une très grande vélocité, celle qui vous permettra en quelques minutes si pas quelques secondes, de capter les événements les plus importants, et à les transformer en actions transmises sur les différents terrains d’Operations.

Pour ce faire, il vous faudra en Supply Chain un personnel hautement qualifié, sortes de moutons à 5 pattes, maitrisant parfaitement les techniques de planification mais également passionnés par les Systèmes d’informations et les modèles mathématiques, ainsi que par l’analyse des données.

Pour parler des données, celles-ci prendront une ampleur jamais connue jusqu’à présent, car la qualité et la précision des décisions prises dans un espace de temps extrêmement réduit, en dépendront.

Plus question dans ces conditions de tergiverser sur ce qui se fera globalement ou localement, il faudra une vraie stratégie définissant quelles sont les données essentielles, (dynamiques et statiques), quels sont les rôles et responsabilités au sein de l’organisation, les KPI’s à suivre au plus haut niveau de l’Entreprise, Les gouvernances globales et locales…

Qu’allons nous gagner si Processus, People & Organisation + Master Data parviennent à supporter cette vélocité galopante que nous apporterons les systèmes ?

des stocks : dans les années 90, l’accélération des cycles de planification avait déjà permis des réductions de stocks de 20 à 30 % minimum. Passer à un espace de temps de réaction de l’ordre de la minute devrait contribuer à accélérer largement le mouvement.

­Accroissement des ventes, particulièrement dans des modèles fabriquent des produits génériques ou de commodité, là ou la capture d’une nouvelle  demande client, au-delà du cout, dépend le plus souvent de la vélocité et de la fiabilité de l’engagement ferme et de la livraison .

People : je ne crois pas trop à une réduction de Headcount, car le niveau et le cout des collaborateurs que vous devrez recruter pour faire face à ces défis compenseront largement le nombre de « petites mains « que vous pourrez économiser.

des couts : par une diminution des couts de destruction liés à l’obsolescence (composants obsolètes, lots périmés,…)

Emmanuel de Ryckel

Data management system, cloud technology, Internet and business concept