Avant de partir en mission début 2020, j’avais lu ceci :

« Il existe une importante différence de mentalité entre la France et l’Allemagne. La mentalité germanique est plus “nordique”. Les salariés allemands sont habitués à un mode de management très horizontal, participatif, collaboratif. »

J’ai vécu exactement l’inverse dans l’ancienne Allemagne de l’Est. Alors qui croire ?

Depuis bien des années de carrière j’ai eu le bonheur de fréquenter de multiples cultures en Belgique en France en Grande-Bretagne aux États-Unis en Italie en Espagne en Irlande en Suède au Mexique au Brésil en Chine…aucune ne m’a laissé aussi interrogatif dubitatif que la culture allemande et ceci en particulier lors de ma toute dernière expérience en Poméranie au nord-est de l’Allemagne qui fut jadis appeler Allemagne de l ‘est.

Sans tourner ma description en clichés je connaissais les Allemands épris de rigueur, de volonté de bien faire, de discipline, d’aptitudes certaines à appliquer les règles établies. J’ai découvert dans cette région un peuple à l’avant garde de la distanciation sociale et d’un conformisme hors du commun, au point que je fit mienne cette phrase de JFK « le conformisme est la prison de la liberté et l’obstacle majeur du progrès »

Je ne suis pas arrivé à percer le mystère ce comportement : est-il dû à une mentalité locale ou à une culture purement lié à l’entreprise dans lequel je vivais . Sans doute la réponse se trouve-t-elle entre ces deux vérités.

Il paraît que l’allemand en général déteste faire des erreurs mais qui aime en faire ?

Peut-être un management purement local accentuait-il ce phénomène. J’ai en tout cas trouvé une population y compris dans le management tétanisé à l’idée de faire la moindre erreur même la plus insignifiante dans le contexte de projet engageant plusieurs millions. Le résultat un cercle infernal PEUR-CONTRÔLE-DÉFIANCE-RECONTROLE, ce que j’appelai jadis dans un laboratoire Français bien connu, la « Spirale infernale des RE »,  offrant un management infantilisant aux jeunes pousses recrutées alors que ceux-ci seraient plutôt en droit d’attendre un véritable mentoring de la part de leur ainsi dénommés “leader “.

Au point que je me suis demandé comment l’industrie allemande pouvait être aussi performante avec de tels comportements mais sans doute (mes missions précédentes au pays de Goethe ayant été beaucoup plus chaleureuses) ai-je été confronté à un microcosme bien particulier et à une concentration de facteurs bien déterminant.

EMMANUEL